Capital Picasso

« Nous sommes comme les éléphants,nous possédons de grandes oreilles et nous sommes éternels”
Picasso à son amie Helena Rubinstein

par Corinne Lellouche

Donnez-moi un musée et je le remplirai” avait dit Picasso. Paris tenu si l’on s’en tient à notre capitale qui, le 25 octobre dernier, jour anniversaire de la naissance du peintre, a rouvert le Musée qui porte son nom, installé depuis 1985 dans un somptueux hôtel du Marais, l’hôtel Salé. Riche de 5 000 oeuvres du peintre et de 200 000 pièces d’archives personnelles ainsi que de sa collection particulière composée de Renoir, Matisse, Cézanne, Corot, Braque,
Chardin et autres virtuoses, l’endroit, autrefois presque confidentiel s’est transformé au point d’être éligible dans la cour des dix plus grands musées du monde. Interrogé sur cette mue délicate, Laurent Le Bon, son Président, rassure : “Bien que nous ayons multiplié les espaces, et étendu sur deux nouveaux étages les salles d’exposition, créant par excavation des sous-sols une rue et des souterrains, nous nous en tiendrons à une jauge qui n’excédera pas les 700 visiteurs. Il n’est pas envisageable d’en faire un endroit où la foule piétine”.

La presse, reçue en avant première est unanime. Jamais elle n’a été accompagnée avec autant d’égard, de rigueur et de patience. Il aura fallu cinq ans,
au lieu des deux prévus initialement pour terminer les travaux… Le prix d’un rêve qui n’a pas de prix, rendre Picasso encore plus grand. L’hôtel, les jardins, les écuries, sont désormais reliés aux galeries qui permettent de contempler dix périodes en ordre chronologique. Du Bateau-lavoir aux dernières années
dont les traits offensifs chantent le même air de défi qu’à la genèse, on entre dans ce que Clouzot a si bien nommé le mystère Picasso. Sous l’oeil de Fernande, Dora Maar, Françoise, ou Jacqueline, l’ultime femme, qui préférera mourir que de lui survivre, nous suivons les différentes langues d’un homme qui embrasse avec force le monde. Laurent Le Bon promet de relever le défi malgré l’immensité du personnage : “J’étais très jeune quand j’ai découvert ici la peinture
de Picasso. En 2015, ses archives inédites dialogueront avec d’autres chefs-d’oeuvre dont je réserve la surprise »

http://firstluxe.com/magazines/hiver-2014/#page/33

Sans titre

Laurent Le Bon, Président du Musée Picasso © DR
Laurent Le Bon, Président du Musée Picasso © DR

 

 

 

 

 

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