Cartier, les voleuses de temps


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Horas ne numerem nisi serenas, « Je souhaite ne compter que les heures heureuses » ne s’applique pas qu’aux cadrans solaires qui ornent les détours labyrinthiques des quartiers de Venise. La preuve en Cartier parisien, en vitrines, place Vendôme. 

 

 

Tank L.C. 1917. Quand Louis Cartier s’inspire du design des chars de combat britanniques pour créer cette montre en 1917, réalise-t-il que Tank est l’anagramme de Kant ? Quel est le rapport entre un cercueil roulant à 5 km/h avec une autonomie de 50 km et une montre ? Et de cette montre avec l’auteur de la « Critique de la raison pure » ? 

Le fondement de l’existence du tank est le franchissement des tranchées en 1916, l’arrêt du massacre de fantassins à l’assaut imbécile des mitrailleuses allemandes. Les Tanks Mark I à IV se succèdent, se blindent. Ils deviennent des blindés. Grace au blindage, l’officiant du char se sent protégé. Parce qu’il n’est pas vu derrière sa meurtrière qui lui sert de vision, il se sent invincible. 

 

Clark Gable et sa Tank

 

Brancards et glaives 

La Tank de Louis Cartier part à l’assaut du temps en 1917. En 1989, elle est américaine. En 1996, elle est française. Aujourd’hui, en 2012, la voilà anglaise comme un retour à l’esprit de son inspiration originale. Comme le tank britannique, la Tank anglaise concentre sa forme et renforce ses lignes autour de ses chenillettes, les brancards parallèles qui abritent aujourd’hui la couronne du remontoir, devenue de fait roue du tank. Le dessin compact, intégré comme le bracelet au boitier, donne de l’amplitude à la mesure du temps des glaives en acier bleui qui servent d’aiguilles. Aiguilles qui parcourent chemin de fer et chiffres romains comme autant de catégories d’entendement, le dessin formalisant la forme de sa sensibilité. 

Le sujet c’est le temps comme le champ des possibles qu’il recèle. Ce champ, Cartier le blinde pour son récipiendaire. Protégé en ses brancards, il est liberté. Peut éclore alors, en cette meurtrière du temps, la morale. La pure inspiration devient, de fait, le réceptacle de la raison pratique…

 

 

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