François Pinault : Couronnement pour l’art contemporain

 

“L’Art est beau quand la main,
la tête et le cœur de l’homme travaillent ensemble”
John Ruskin

Mais pourquoi la France a tardé à lui ouvrir les portes de l’Île Seguin ? Empêtré dans des lourdeurs administratives, François Pinault a suscité bien des regrets en retirant son projet d’établir sa fondation sur les sites des anciennes usines Renault à Boulogne-Billancourt, sur l’Île Seguin. Cela faisait cinq ans qu’il piétinait pour imposer un rêve qu’il finançait lui-même.
“Un lieu qui comblerait la distance qui sépare trop souvent nos contemporains de l’art de leur temps” dit-il.
Une fondation où il pourrait exposer au plus grand nombre ses collections rassemblées depuis plus de trente ans. Comment la France a-t-elle pu rester sourde et aveugle face à une entreprise culturelle aussi généreuse et qui ne venait pas en concurrence des autres lieux, mais en complémentarité ?

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François Pinault en a assez. Sur un coup de tête, le 10 mars 2005, il abandonne l’idée du projet en France et regarde ailleurs. Et le hasard sourit aux audacieux. Jean-Jacques Aillagon, alors ministre de la Culture, est contacté par la municipalité de la Sérénissime qui cherchait un repreneur pour le Palais Grassi alors propriété de Fiat (racheté en 1983 par son président Agnelli, modernisé et transformé en centre d’exposition internationale). Il le rachète en 2006 pour 29 millions d’euros et le fait rénover en cinq mois seulement pour 5 millions d’euros par l’architecte Tadao Ando – 40 salles d’exposition sur 5 000 mètres carrés.
Quel choc en avril 2006 ! À l’inauguration du Palazzo Grassi avec l’exposition Where are you going ?, un chien géant (plus de trois mètres de hauteur), rose métallique, gonflé comme un ballon d’enfant à la légèreté illusoire, posé sur le quai de la Fondation d’Art Contemporain : une œuvre de Jeff Koons.

“Quelle vulgarité !”, “Ça, de l’art ?”, “Vous n’y pensez pas !” vociférait le commun. Mais si les critiques pleuvent, les visiteurs affluent et François Pinault, le visionnaire, poursuit sa quête de l’excellence en visitant des ateliers d’artistes dans le monde entier à la recherche de la perle rare.
Nous avons changé de civilisation, il faut heurter les esprits, bouger les conventions. Comme le précise François Pinault, “il n’y a pas de césure dans l’art, ce n’est qu’en raison d’un certain déterminisme conventionnel que l’on a souvent tendance à associer les monuments dits historiques à la présentation des seuls chefs-d’œuvre anciens. L’art de notre temps entre en résonance avec les créations des siècles passés.”
François Pinault, l’un des plus grands collectionneurs d’art contemporain au monde, poursuit ses expositions au Palazzo Grassi : Post Pop et Séquence 1 en 2007.
En juin 2007, il est choisi par la ville de Venise (coiffant au poteau la Fondation Guggenheim) pour transformer les anciens entrepôts de la Douane de Mer, la Punta della Dogana, bâtiment triangulaire à l’extrémité du sestiere (quartier) Dorsoduro, juste à côté de la Salute, la célèbre basilique Santa Maria della Salute, en musée d’art contemporain.

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Dominique de Rabaudy Montoussin

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