Georges Clooney pour Firstluxe Signature

Vous feriez un bon président des Etats Unis…

La politique est un métier. Pas un hobby, cela ne s’improvise pas. Mes actions sont d’ordre personnelles. Je ne représente pas une nation, encore moins un parti. Ma seule ambition ? Utiliser ma notoriété pour faire passer certains messages.

Les politiques et les acteurs sont toujours en mode séduction, cela ne vous choque pas ?

Ce n’est pas nouveau ! Quand Kennedy et Nixon se sont affrontés dans la course à la Maison blanche, ceux qui ont suivi le débat à la radio ont déclaré que Nixon avait été meilleur. Ceux qui le regardèrent à la télévision étaient d’un avis contraire. L’image avait gagné, l’ère de la communication est née à ce moment précis. Si W Bush a battu Al Gore, ce n’est pas grâce à son programme – qui était consternant -, les gens se sont dit qu’il avait la tête d’un gars sympa avec qui on pouvait prendre une bière au comptoir.

Amal votre femme est-elle politisée ?

Chez nous le sujet de la Syrie est au centre des discussions. Ce qui s’y passe actuellement est déchirant. Nous nous passionnons tous les deux pour la politique internationale, l’Ukraine, Daesh. Le peuple que je connais le mieux est celui du Liban. Ma femme est née là-bas.

A quoi devez-vous votre notoriété et votre fortune. A votre talent ? A votre charme ? A votre humour décalé ? A votre capacité à choisir un bon scénario ?

A ma persévérance surtout. Je suis comme les pitt-bulls. Quand j’attrape quelque chose de bon, je ne lâche plus. Je me souviens que pour « Three Kings », David Russell (le réalisateur) avait en tête de prendre Nicolas Cage, Clint Eastwood, Jack Nicholson ou Mel Gibson. Il s’est avéré que les quatre stars en question étaient toutes occupées. J’ai tanné David jusqu’à ce qu’il cède. Pour jouer les deux petites scènes dans « The Thin red line », j’ai fait savoir à Terrence Malick que je porterais ses valises et qu’éventuellement je laverais son linge en échange d’un petit rôle. Malick en a eu tellement marre qu’il a finalement accepté.

Quand avez vous compris que la célébrité était à double tranchant ?

La célébrité ? C’est gratifiant, mais cela vous enferme. Je ne peux jamais être de mauvaise humeur. Si je sors mal luné, je trouverais toujours un enfant pour me demander un autographe. La célébrité provoque un énorme décalage entre ce que vous êtes et la perception que le public a de vous. Il n’existe aucune école pour apprendre à être une star. Ni pour vous apprendre à être un « loser » d’ailleurs.
En dehors de votre aisance financière, quels sont les avantages liés à votre statut ?

Je ne me considère pas comme étant une victime de la notoriété, ni de quoi que se soit d’ailleurs. Quand j’entends un acteur se lamenter sur son sort, je lui demande de la boucler. La célébrité est aussi fragile que les ailes d’un insecte qui vole trop près d’un néon. Ça peut brûler en un dixième de seconde.

Avoir connu le succès sur le tard vous a-il permis de garder les pieds sur terre ?

Incontestablement, je suis heureux d’avoir réussi à 33 ans et non à 23. Si j’avais été une idole si jeune, j’aurais saccagé des chambres d’hôtel pour clamer mon mal de vivre. Pendant des années, je n’ai pas travaillé autant que je l’aurais désiré. Aujourd’hui je rattrape le temps perdu. Quand je me regarde dans un miroir, je vois bien que j’ai une gueule de décavé, mais tant pis, je bosse, je suis heureux. Pourvu que ça dure.

Charlie Chaplin a déclaré : « La célébrité vous donne l’impression que tout le monde vous connaît, mais en réalité vous ne connaissez personne ».

Les types qui ne vous aimaient pas deviennent du jour au lendemain vos meilleurs amis. Les filles qui vous trouvaient nul, vous trouvent « génial ». Votre banquier qui vous harcelait veut avoir sa photo à vos côtés. Au restaurant, il y a toujours une table de libre alors qu’auparavant, on croyait que vous étiez venu faire la plonge. Ce métier n’aide pas à rester équilibré, on perd facilement le fil de la réalité. Je pourrais payer un type pour goûter mes repas, démarrer ma voiture ou changer mes ampoules, mais je résiste.
Au cours d’une mission de l’ONU au Soudan, vous avez frôlé la mort…

Nous venions de franchir sans encombre divers checkpoints dans une région du Sud-Soudan quand des gosses de 14 ans, armés de AK47 et de machettes ont stoppé notre véhicule. Je n’en menais pas large lorsqu’ils nous ont menacés, mis en joue pour finalement voler tout ce qu’il y avait dans notre jeep.

Amal, votre femme fait la une des magazines féminins. On loue son style, sa classe, son élégance. Vous pas. Pourquoi ?

Il n’y a pas de mystère, il suffit d’être « classique » pour ne lasser personne. Il ne faut pas m’en vouloir, je viens du Kentucky, la capitale du mauvais goût. Ceci dit, pendant des années, j’ai porté le même smoking et les mêmes chaussures. Je les ressortais à chaque occasion importante. Et chaque année, on me déclarait « acteur le mieux fringué ». C’est injuste, une femme qui oserait porter la même tenue se ferait lyncher.

C’est quoi le secret de Clooney, sa fontaine de Jouvence ?

Mon secret ? Ne jamais se prendre au sérieux.
Comment s’articule une journée de George Clooney au pays de Dante puisque vous avez une maison sur le lac de Côme ?

La première semaine, je dors, je recharge les batteries. Puis je deviens marin pour de longues croisières et des escales dans les plus merveilleux restaurants qui bordent le lac.

 

Retrouvez l’intégralité de l’interview sur : www.firstluxe-signature.com

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