JON HAMM : SÉDUCTEUR MALGRÉ LUI

La quarantaine sémillante ce beau garçon incarne depuis maintenant sept ans l’un des personnages les plus emblématiques de la télévision américaine. Un vrai rôle de composition, car si Jon Hamm prête ses traits à Don Draper, ce brillant publicitaire des années 60, capable des pires dérives pour monter toujours plus haut dans l’échelle sociale, son interprète, lui, fait plutôt profil bas.

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La série “Mad Men” en est à sa septième saison aux Etats Unis et rencontre toujours le même succès. Vous rappelez-vous de votre première audition pour décrocher le rôle de Don Draper ?
Les faits remontent à février 2005 : il pleuvait des cordes, un temps digne de l’arche de Noé ! J’ai mis deux heures pour me rendre au rendez-vous que m’avait fixé la responsable du casting de “Mad Men”. En arrivant sur place, trempé de la tête aux pieds, j’ai constaté que le créateur de la série n’avait même pas fait le déplacement. Idem pour les producteurs.
Il y avait juste cette fille qui ne me connaissait pas et qui visiblement avait dû auditionner avant moi des centaines de gars et qui n’avait qu’une envie : se tirer et vite ! (rires)

Bref, vous sembliez mal parti !
C’est le moins que l’on puisse dire ! (rires). Je lui ai donc lu quelques répliques, joué quelques scènes. La fille en question ne faisait aucun commentaire, elle se contentait de prendre des notes. A la fin de ma prestation, elle m’a dit qu’elle me rappellerait. Deux jours plus tard, cette même fille me demandait de revenir pour jouer des scènes différentes. Rebelote : deux heures d’embouteillage en raison de la pluie et à nouveau même discours : “on vous téléphonera”. Il y eut un troisième rendez-vous. Cette fois, l’assistant du créateur de la série était là, on progressait, mais je commençais à perdre patience. Rien n’aboutissait. Entre temps, j’avais appris que  la chaine AMC ne me trouvait pas suffisamment sexy, pas assez connu, pas assez “bankable”.

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Vous ?! Pas suffisamment sexy ?!
Véridique ! Les choses ont commencé à se décanter lorsqu’on m’a payé un billet pour enfin rencontrer les responsables de “Mad Men” à New York.  Après ce meeting qui s’avéra concluant puisque je décrochai le rôle, je me suis dit : “Mon gars, tu devrais peut être te faire couper les cheveux” ! J’ai bien fait ! Une semaine plus tard, je devenais Don Draper et me retrouvais projeté dans les années 60 !

Pour des millions de téléspectateurs, vous êtes l’incarnation d’homme parfait ! Avez-vous conscience de votre pouvoir de séduction ?
N’importe quel homme qui se retrouverait dans cette série aurait une tête d’une gravure de mode. Je n’ai aucun mérite. On me coiffe, on me maquille, on m’habille, on me chausse. On me filme toujours avec le meilleur angle et la plus belle lumière. On me fait passer en prime pour un individu très intelligent en laissant croire que tout ce qui sort de ma bouche est de mon cru. Remettons les pendules à l’heure : sans l’intervention de scénaristes multi-awardisés, mes propos dans cette série seraient bien terne.

La période des sixties vous fascine ?
Les Sixties me fascinent d’un point de vue artistique et surtout au niveau de la “com”, dans la mesure où les publicitaires se lâchaient vraiment. Fini, l’austérité d’après-guerre, il fallait redonner des couleurs à la vie ! On osait enfin sortir des lignes habituelles. Idem dans le domaine de l’automobile : les voitures des années 60 étaient souvent dessinées par des carrossiers qui venaient de l’univers de… la lingerie ! Vous comprenez maintenant pourquoi ces automobiles avaient des courbes si sensuelles ! Question mode, on tranchait aussi vraiment avec les tendances d’aujourd’hui. De nos jours, une femme qui se rend en pantalon à son bureau ne choque plus personne. Il y a quarante ans, elle se serait fait virer sur le champ.

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Comment expliquez-vous que dans l’inconscient collectif, les femmes des années 60 paraissent beaucoup plus attirantes que les femmes d’aujourd’hui ?
A cette époque, on ne montrait pas, on ne déballait pas, on suggérait ! Je crois surtout que ce qui rendait les femmes des années soixante si attirantes, était leur façon de marcher. Il est vrai que lorsque vous portez des jupes étroites, vous ne pouvez qu’avoir une démarche chaloupée. Quand on voit les films avec Marylin Monroe, on a l’impression qu’elle déambule sur une ligne imaginaire : un vrai plaisir pour les yeux !

“Mad Men”, c’est aussi de sublimes robes et des costumes bien taillés. On se demandait à quoi pouvait ressembler le dressing de Jon Hamm ?
Il est plein à craquer ! Vous savez, quand vous êtes au générique d’une série à succès, les designers vous ont à la bonne. Ils vous envoient, à l’œil, plein de costumes, de chemises, de chaussures et d’accessoires. Vous amassez, vous empilez, et au bout du compte, votre dressing est à deux doigts d’imploser. Heureusement, j’ai des amis qui viennent m’emprunter quelques tenues pour me désencombre un peu ! Mais je pense qu’il faudrait une tornade pour faire un peu de place. Je croule littéralement sous les vêtements !

Quel regard portiez-vous sur le monde de la pub avant d’incarner un spécialiste en la matière ?
Aucun regard en particulier, je la subissais comme tout le monde, mais j’ai toujours admiré ces gens qui arrivaient à nous faire gober des choses incroyables ! Je me dis qu’il faut avoir un sacré talent pour nous faire systématiquement tomber dans le panneau ! Quand j’étais plus jeune, je me souviens d’avoir lu “La Laideur se vend mal” de Raymond Loewy, l’un des pères fondateurs du design moderne. Il avait raison lorsqu’il écrivait qu’aujourd’hui, nous nous focalisons plus sur le contenant que sur le contenu. C’est pareil avec la pub !

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Frank Rousseau

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