Le Petit Prince

Ce film d’animation français a reçu un accueil triomphal au Festival de Cannes, où il était présenté hors-compétition.  Mark Osborne signe un bijou d’une poésie et d’une intelligence rare et permet au Petit Prince de continuer à diffuser le message d’Antoine de Saint-Exupéry au XXI è siècle. Un enchantement pour les enfants et les adultes du monde entier.De grands noms du cinéma français prêtent leur voix aux personnages du film, comme André Dussolier, qui incarne l’aviateur, et qui bien plus tard racontera sa rencontre avec le Petit Prince à la Petite Fille, nouvelle héroïne de l’histoire de ce chef-d’oeuvre. Il est donc à la fois dans le récit du Petit Prince et dans la partie plus contemporaine. Notre Aviateur est un homme  qui a su garder sa part d’enfant et qui considère le monde avec un air candide.

André Dussolier, pourquoi avez-vous accepté de participer à ce projet ?

Pour moi, c’était un projet incontournable. Quand j’ai appris qu’un film était en préparation, j’étais d’autant plus curieux de connaître le résultat final qu’il n’est pas facile de raconter une histoire qui appartient à notre patrimoine et qu’on a découverte à tous les âges, ou avec les enfants qu’on a pu côtoyer. C’était donc un projet émouvant et ambitieux parce qu’il fait écho à des souvenirs très personnels.

Le livre a-t-il une résonance particulière pour vous ?

Oui, parce que j’en ai fait un montage, il y a quelques années, qui condensait l’histoire du Petit Prince, pour le réciter, accompagné d’un flûtiste et d’un pianiste. Il faut dire que c’était un vrai plaisir pour un comédien d’interpréter tous les personnages.

Qu’est-ce qui vous a séduit dans l’histoire ?

C’est une formidable allégorie sur notre enfance et sur l’envie que cette enfance ne disparaisse pas, alors qu’on a tendance à l’oublier. Il y a cette phrase, au début du livre, que j’aime beaucoup : «Les enfants doivent être très indulgents avec les grandes personnes». Évidemment, quand on devient adulte, on voit le monde tel qu’on nous a appris à le voir et il est donc important de garder ce regard innocent.

Pensez-vous que la force de ce film d’animation soit d’avoir plusieurs niveaux de lecture ?

L’avantage du livre, c’est qu’on peut le découvrir enfant, puis le lire et le relire encore toute sa vie. Il en va de même du film car il est réalisé avec beaucoup d’intelligence. En effet, outre la rencontre entre le Petit Prince et l’Aviateur, il retrace le monde dans lequel on vit aujourd’hui à travers les yeux d’une Petite Fille : elle évolue dans un univers extrêmement fermé, mathématique, rigoureux, elle obéit même aux injonctions de sa mère afin d’avoir une vie toute tracée et une carrière bien dessinée. On relit donc l’histoire de Saint-Exupéry à travers les codes et les repères avec lesquels on vit aujourd’hui.

Comment avez-vous travaillé votre voix ?

J’ai deux âges différents dans l’histoire, celui de l’Aviateur au moment où il rencontre le Petit Prince, puis celui du même personnage qui, plus tardivement, fait la connaissance de la Petite Fille. C’était très amusant de modifier ma voix et c’est cette liberté qu’offre l’animation que j’adore. Pour moi, c’est un vrai travail de création.
La relation entre la Petite Fille et l’Aviateur est très émouvante.
Il appartient à un monde un peu révolu et il habite à côté de cette Petite Fille qui obéit à une voie toute tracée que lui indique sa mère : elle est formatée pour intégrer une grande école et elle agit donc comme un robot. Par conséquent, elle est peu à peu attirée par cet homme qui tente de retaper son avion pour retrouver le Petit Prince. Elle quitte donc ce monde d’adultes, dans lequel elle a été plongée malgré elle, pour renouer avec sa véritable enfance grâce à cet Aviateur.

«L’essentiel est invisible pour les yeux», dit le Petit Prince. Qu’en pensez-vous ?

C’est une phrase qu’on peut appliquer à toutes les étapes de sa vie. Il est très important de l’entendre et de se la répéter, dans le monde dans lequel nous vivons, où tout est programmé et réglé d’avance. C’est bien de s’écouter soi et d’écouter son cœur.

Le Petit Prince de Mark Osborne, sortie le 29 juillet 2015.

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