Nora Arnezeder, nouvelle Angélique, Marquise des Anges

Mercredi 18 décembre sort la nouvelle adaptation du célèbre roman d’Anne et Serge Golon, cinquante ans après le premier film de la saga, Angélique, marquise des Anges, devenue cultissime de Bernard Borderie.  Une jeune fille aussi belle qu’insoumise, trouvera dans son amour pour Joffrey de Peyrac la force de combattre l’injustice et la soumission dans un siècle en proie aux luttes de pouvoir, aux inégalités et à l’oppression.

Ariel Zeitoun, le réalisateur a mis en scène son film d’aventure de façon spectaculaire avec Gérard Lanvin dans le rôle de Joffrey de Peyrac, et dans celui de la Marquise des Anges, la ravissante Nora Arnezeder.

 

angelique marquise des anges

 

Nora, parlez-nous de cette nouvelle Angélique ?

 

C’est la femme aux mille visages, le rêve pour une actrice ! C’est la rebelle, celle qui refuse le mariage, c’est l’amoureuse, c’est la mère, c’est la combattante, c’est une guerrière prête à tuer. Une femme en avance sur son temps qui croit en l’instruction et en la liberté, se montre curieuse de tout et ne lâche jamais rien. C’est la femme idéale. Il me semble qu’à travers l’histoire d’amour qu’elle vit avec Peyrac, toutes les femmes d’aujourd’hui peuvent se reconnaitre et rêve , à leur tour, d’amour, de fidélité, de passion, de liberté et de combativité. C’est une femme universelle.

 

Elle traverse le 17ème siècle avec beaucoup de panache. Vous sentez-vous proche de ses combats ?

 

Elle et moi avons la même soif de liberté, le même besoin d’exprimer ce que nous pensons ; le même goût des voyages probablement. J’ai grandi dans une famille où il était très important que chacun exprime ses convictions, en respectant, bien sûr, celle des autres. Angélique n’agit pas autrement et c’est grâce à cela qu’elle réussit à surmonter les épreuves qui surgissent sur sa route : tout au long du film, elle se bat pour ceux qu’elle aime et pour sa liberté. Et puis c’est une héroïne extraordinairement contemporaine : le combat d’Angélique qui refuse d’être mariée contre son gré puis de consommer une union qui lui a été imposée par la force fait tout de même très fortement écho avec celui que mènent aujourd’hui les femmes africaines et les femmes du monde en général.

 

angelique marquise des anges

 

Parlez-nous de Gérard Lanvin, qui interprète Joffrey de Peyrac.

 

Je l’ai rencontré une première fois pour des essais six mois avant le tournage. On a mangé des sushis et fait une lecture ensemble. La deuxième fois, nous nous sommes vus pour des essais costumes. En le voyant habillé et maquillé, j’étais médusée : c’était un Peyrac magnifique. J’aime l’idée de cette différence d’âge entre Angélique et lui parce que cela rend l’histoire plus intéressante et plus atypique. C’est formidable d’avoir un partenaire comme Gérard Lanvin : il vous donne énormément. C’est un comédien généreux qui a en lui une folie incroyablement stimulante. Il m’a portée. Comme m’ont portée Simon Abkarian et Mathieu Kassovitz. Ce sont des acteurs géniaux qui ne pouvaient que me faire progresser.

 

Quel genre de directeur d’acteurs est Ariel Zeitoun ?

 

C’est quelqu’un qui ne lâche jamais. Quand il veut quelque chose, il l’obtient . Il peut aller jusqu’à s’énerver pour cela mais on lui pardonne aussitôt parce que lui-même donne beaucoup et qu’il en attend autant en retour. Ariel aime les surprises et être surpris, il apprécie les accidents, les moments d’hésitation, déteste les choses figées ou trop « pensées ». Il a cette qualité que j’apprécie chez un metteur en scène : il n’a jamais peur. C’est quelqu’un qui peut aussi travailler en « freestyle ». Pendant le tournage, il est arrivé plus d’une fois qu’il bouleverse le plan de travail ou qu’il réécrive entièrement une scène durant la nuit.

 

Vous aviez déjà tourné dans un film d’époque – Faubourg 36, de Christophe Barratier qui se situait au moment du Front Populaire. Avec Angélique, vous faites, cette fois, un bond en arrière de… Trois siècles.

 

C’était comme accomplir un extraordinaire voyage dans le temps. Les premiers jours de tournage, on se sent un peu déboussolée : la langue, les vêtements, tout paraît étrange. Au bout de trois semaines, je ne prêtais plus attention à mon corset, je ne le sentais plus, et le langage du 17ème siècle m’était devenu si familier que je me surprenais à l’utiliser hors des prises.

 

angelique marquise des anges

 

Quel est votre pire souvenir du tournage ?

 

Celui où l’on m’a annoncé que j’allais devoir tourner dans un souterrain au milieu des rats. Et celui où j’ai dû sauter dans la Seine – toujours au milieu des rats. C’étaient des rats d’égouts, certes dressés, mais quand même assez ignobles. Au fond, je me sentais comme Angélique : plus l’histoire avançait, plus les jours passaient et plus les choses devenaient difficiles.`

 

Le souvenir le plus drôle ?

 

La scène d’amour avec Gérard Lanvin… mais, Joker ! Je ne vous dirai pas pourquoi !« 

 

Qu’attendez-vous du film ?

 

Outre qu’au cours des cinquante jours qu’a duré le tournage, j’ai eu le sentiment de faire un pas de géant dans l’apprentissage de mon métier, et d’avoir reçu un cadeau extraordinaire, j’aimerais qu’il donne envie aux gens de se battre jusqu’au bout pour leurs rêves, qu’ils n’aient plus peur de lutter pour les choses auxquelles ils tiennent.

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