Raf Simons conjugue Dior au futur antérieur

C’est dans les jardins du musée Rodin que la planète fashion s’est donnée rendez-vous pour découvrir une collection fusion entre Haute Couture et haute technicité.

Beau oui comme Bowie. Pas un hasard si la bande son du défilé Raf Simons pour Dior, dans le décorum grandiose du musée Rodin, a époustouflé les privilégiés conviés à ce voyage hors des temps. Bowie le caméléon fou, adepte d’expériences hallucinogènes, semblait danser dans les combinaisons géométriques dont les broderies avaient valeur de tatouages.
L’excellence des ateliers poussés hors limites a donné naissance à de nouveaux systèmes de fermeture en cuir laqué, des pièces en guipure brodées de paillettes, des jupons aux plissés complexes, des mailles se confondant avec la peau, des imprimés photographiques, des manteaux en plastique dont le niveau de technicité confine à l’art.

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Comme Dali dont le Christ tient en apesanteur, l’artiste belge a convoqué sur ses estrades délirantes, le rose maison pour voir émerger non pas des fleurs, mais des bourgeons hyperréalistes prêts à éclore de ses éprouvettes. Comme un chercheur en son laboratoire, le couturier belge, formé à l’école du design, revisite l’histoire de la mode des années 50 à 70 afin de réinventer les mythes qui l’ont jalonnée. Du pouvoir des fleurs cher à Christian Dior qui aurait eu 110 ans aujourd’hui – mais il est éternel, il a gardé le parfum authentique enrichi d’une liberté des temps modernes. Etrange, futuriste, graphique, la silhouette gagne en légèreté même quand elle s’accentue d’un frou-frou aux lignes architecturales. Des fleurs oui, que l’on croirait en papier pour un chant dont les lignes sont structurées au compas. Cela ne flotte pas, c’est carrément un envol d’accents aux tons vifs. une ponctuation à peine visible sur un drapé blanc de vierges jamais effarouchées si l’on en croit leurs cuissardes vinyle à la Barbarella.

C’est flashy, osé, ultra coloré, diablement sexy, et hautement déstabilisant. Le diaporama tapissé de miroirs à effet kaléidoscopique accentue l’impression de vertige sous tension. quant au parterre de personnalités transportées sur le catwalk, elles étaient dignes d’une apparition de science fiction. Egérie de Dior, Natalie Portman, et son mari le chorégraphe Benjamin Millepied, avaient pris place au premier rang, non loin de Clotilde Courau et Marisa Berenson.

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