Schiaparelli : retour en beauté et fantaisie sur les podiums

La légendaire Maison de Haute Couture n’avait pas défilé depuis 1954, et elle n’a pas déçu lundi dernier, 20 janvier 2014, avec une collection élégante et excentrique, en phase avec la femme moderne.

Les femmes de caractère d’hier, d’aujourd’hui et de demain se rejoignent en une même attitude anticonformiste. L’âme de Schiap’, comme tout le monde la nommait, s’exprime au travers d’imprimés peints à la main, de larges motifs, de broderies élaborées, de couleurs vives contrastées de tons neutres ou pastels, de vestes masculines, de drapés langoureux et de bijoux extraordinaires. Chaque élément de ce lexique a la force de vivre seul tout comme celle d’être mélangée.

Célébrant l’excellence du bel ouvrage, les silhouettes exaltent une féminité renouvelée. L’art de draper un crêpe de soie jaune bergamote imprimé transforme une chemisette d’homme en une robe du soir ultra féminine. L’ensemble des imprimés exclusifs à la Maison sont peints à la main. Leurs noms, aussi oniriques que leurs motifs sont originaux, incluent Les Garçons du jardin (des tulipes aux fleurs en forme de têtes de jeunes hommes), La Pluie de Paris (des pois irréguliers), Le Ciel étoilé (des étoiles stylisées) ou encore Les Gardiens (des personnages exotiques).

Les feuilles de lierre irisées d’un tailleur en brocart font écho à la célèbre collection païenne créée par Elsa en 1938. Une jupe volantée vert menthe en cigaline de soie (matière légère comme la mousseline mais dont l’armure est proche de l’organza) présente des smocks obtenus grâce à un délicat effilage des fils de trame. Les broderies réinterprètent les archives Schiaparelli en croisant les techniques traditionnelles à de nouvelles expérimentations. Sabrage, broderie de lame guipée, travail de plumes d’autruche ou de coq, ruchés, charmeuse de soie électro-incrustée d’argent témoignent de la plus haute maîtrise de ces métiers.

Les bijoux-fleurs précieuses s’avèrent être des plantes carnivores ayant capturé une mouche. La transparence de la pâte de verre enchâssée dans le laiton prend la forme de bracelets-feuilles de lierre. Il émane une véritable désinvolture de l’association Haute Couture et sandales plates en crocodile rehaussé de plumes, capturant l’essence réincarnée de Schiaparelli.
Bravo à Marco Zanini, directeur de la création de Schiaparelli depuis septembre. Carla Bruni-Sarkozy, présente au premier rang, a justement et joliment commenté le défilé :

C’est un nouveau Schiaparelli
avec le parfum de la légende.

www.schiaparelli.com

Frédérique de Granvilliers

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