Suzanne Belperron (1900-1983) by la Golconde

Une personnalité, un caractère…une figure emblématique du monde de la joaillerie moderne.

Premier prix de l’Ecole des Beaux-arts de Besançon en 1918, Suzanne Belperron débute dès 1919 sa brillante carrière aux côtés de Jeanne Boivin qui l’engage au poste de dessinatrice modéliste.

Jewelry Designer Suzanne Belperron in Neckline Clasp

Forte de cette expérience mais lasse de voir son image se refléter dans le miroir du défunt René Boivin Madame Belperron alors codirectrice de la Maison depuis bientôt dix ans démissionne en mars 1932 laissant derrière elle, empreinte inaltérable et des dessins par centaines.

BROCHE BOUQUET STYLISE BELPERRON BROCHE BOUQUET VERS 1942

Bernard Herz, grand négociant en perles fines et pierres précieuses, qui lui a proposé de prendre les rênes de sa société va lui permettre de s’épanouir en toute  liberté.

Forte de leur exaltante complicité, Suzanne Belperron va désormais compter parmi les créatrices les plus en en vogue des folles années 30. Ses modèles révolutionnent le monde de la parure ; ses matières, ses volumes, ses créations effleurent parfois la démesure, tant sur un plan artistique que sculptural. Même si le bijou se veut parfois un peu exubérant, il n’en demeure pas moins élégant. Sa créativité n’outrepasse jamais la limite du bon gout : là est la clef du mystère Belperron.

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L’œuvre de Suzanne Belperron est singulière. Elle se traduit par des bijoux certes graphiques et purs, mais surtout sensuels pour ne pas dire charnels.

Nouveaux elements suite coquille  (2)

Une clientèle prestigieuse la sollicite comme en témoignent ses carnets de commandes qui répertorient familles royales, aristocrates, banquiers ou étoiles du cinéma… Aux quatre coins du monde, on s’émerveille devant les parures imaginées pour la duchesse de Windsor, la bégum Aga Khan, la maharani de Baroda, la baronne de Rothschild, Elsa Schiaparelli, Nina Ricci, Daisy Fellowes, Ganna Walska ou Merle Oberon…

Nouveaux elements suite coquille  (1)

Nouveaux elements suite coquille  (2)

Bien des célébrités, aux personnalités parfois diamétralement opposées, fréquenteront le « 59 rue de Châteaudun ».  Monsieur Arno Breker y succédait à Mallet-Stevens qui laissait place à Gary Cooper ; Colette attendait impatiemment dans un salon à l’heure du thé… tandis que madame Belperron finissait son rendez-vous avec la comtesse de Beauvoir ou madame de Villemorin .

De 1932 à 1971, les bijoux de la « très parisienne » madame Belperron illustrent régulièrement les couvertures de magazines de la presse féminine (Le Figaro Illustré, Femina, Vogue ou Harper’s Bazaar) mais aussi les pages de L’Express, du Herald Tribune ou du Toronto Star.

Contrairement à la plupart des grands joailliers, Suzanne Belperron ne signa jamais ses bijoux. Dotée d’une forte personnalité, l’artiste avait pour seul adage « mon style est ma signature ». Son œuvre inspire d’ailleurs, encore aujourd’hui, grand nombre d’entre eux.

La découverte des archives de la créatrice en 2007 (vingt-et-un  registres, retrouvés intacts alors  qu’on les disait brulés) permet de retracer la plupart de ses œuvres originales.

Ces archives, désormais accessibles à Paris, recensent 6 729 clients,  quelques 7500 feuillets qui répertorient environ 45 000 rendez-vous.

Au-delà de cette extraordinaire découverte, son écrin personnel a révélé sa propre bague de fiançailles (dessinée un matin d’automne 1923) ou, summum du raffinement, sa  broche à décor d’enroulements en cristal de roche rehaussé de diamants. On ne saurait clore ce préambule sans évoquer la somptueuse bague sertie d’un diamant taille marquise, flottant tel un glaçon dans l’eau à la surface d’une monture en cristal de roche.

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BELEPERRON © Olivier BAROIN

O Baroin

OLIVIER BAROIN

« La Golconde » ouvre au cœur de Paris, à l’abri des regards dans ce petit passage discret qui relie la place de la Madeleine à la rue Boissy d’Anglas.

FACADE A

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Olivier Baroin dédie ce lieu privilégié à la créatrice Suzanne Belperron dont il a racheté, en 2007, l’ensemble des archives, carnets de commandes, dessins, bijoux, plâtres, etc.

Copyright Olivier BAROIN Dessins

Sur les murs, des photos personnelles de la créatrice, considérée aujourd’hui comme la plus talentueuse du XXe siècle, veillent sur les créations. Une bague en agate blonde surmontée d’une perle ou encore une autre en quartz rose rehaussée d’un rubis : de quoi réjouir les femmes à la recherche de bijoux atypiques et différents.

La Golconde
9, place de la Madeleine, 75008 Paris
01 40 07 15 69

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