L’humour et la tendresse de Florent Oiseau couronnés par le Prix Françoise Sagan 2026

C’est une parenthèse enchantée de la rentrée littéraire : ce mardi 22 septembre 2026, Florent Oiseau a reçu le Prix Françoise Sagan pour son roman Ma gloire (Éditions Gallimard). La cérémonie s’est tenue dans le cadre du Grand Hôtel Cayré, un joyau Art déco du boulevard Raspail qui devient cette année le nouveau partenaire de l’événement.

Le Jury 2026 du Prix Françoise Sagan devant Le Grand Hôtel Cayré @Marie-Clémence David

Créé en 2009 par Denis Westhoff, fils de l’écrivaine, le Prix Françoise Sagan met en lumière chaque année une œuvre de fiction en langue française d’un auteur peu ou pas connu, en privilégiant la révélation d’une voix singulière à un nom déjà confirmé.

La célébration des invisibles

Dans Ma gloire, Florent Oiseau brosse le portrait d’un homme ordinaire, sans ambition et fraîchement licencié. Évoluant dans les quartiers populaires de Paris entre nuits d’errance et petits trafics, le personnage principal trouve sa plus grande richesse dans l’amour qu’il porte à son épouse Almeria et à leur fille Lune. Lorsqu’il est amené à jouer la fée dans le spectacle de fin d’année de l’école de sa fille, cette parenthèse inattendue devient le point de départ d’une reconstruction.

Florent Oiseau, lauréat du Prix Françoise Sagan 2026 avec  Ma gloire ( Gallimard) @SayWho

Un univers fait de tendresse et d’humour qui a immédiatement séduit le jury. « Avec Ma gloire, Florent Oiseau rappelle que la littérature peut éclairer les existences les plus modestes avec une infinie délicatesse », a salué Denis Westhoff. « Son humour, sa tendresse et son regard profondément libre s’inscrivent pleinement dans l’esprit du Prix Françoise Sagan. »

Un hommage savoureux à Sagan et à son fils

En recevant sa distinction, Florent Oiseau a livré une allocution empreinte d’humour, d’élégance et d’une grande sensibilité. Se remémorant sa première rencontre avec Denis Westhoff lors d’un salon du livre, il a raconté avoir laissé traîner une oreille attentive pour l’écouter échanger avec les admirateurs de sa mère. Touché par « la délicatesse d’un fils qui était avant tout un lecteur », le romancier s’était alors juré d’absoudre son « crime de lèse-majesté » : n’avoir encore jamais lu Françoise Sagan.

Denis Westhoff, fils de Françoise Sagan entouré d’Anne Consigny et de Florent Oiseau @SayWho

Poussant la porte d’une librairie, il en était ressorti avec La Chamade. Malgré la distance qui sépare ses propres récits de l’univers bourgeois de la Rive Gauche,  dont il ne connaissait alors qu’un hôtel de seconde zone où il fut réceptionniste, la magie opéra immédiatement :

« La Chamade fait partie de ces livres qui continuent d’exister en moi. Je pourrais mentionner l’intelligence émotionnelle, l’irrévérence charmante, la justesse impétueuse des phrases… Cette volonté de ne jamais juger ses personnages. Publié il y a soixante ans, le sentiment amoureux, la vanité de certaines préoccupations et jusqu’à ces passagers du métro “gavés de fatigue et d’ennui” ne m’ont pas semblé appartenir à un autre monde. »

Saluant la prouesse de Sagan d’avoir su déjouer le temps, Florent Oiseau a conclu avec émotion : « On écrit pour lutter contre le temps qui passe. Ce prix m’offrira pour toujours l’impression d’avoir un peu déjoué, moi aussi, les affres de s’abîmer. Recevoir le Prix Françoise Sagan est une immense joie. J’admire sa liberté de ton et son élégance ; voir mon roman distingué par un prix qui porte son nom me touche profondément. »

Un auteur à la trajectoire singulière

Né en 1990, Florent Oiseau s’est déjà fait remarquer avec plusieurs romans publiés initialement aux Éditions Allary. Avec Ma gloire, sorti le 15 janvier dernier, il signe son premier titre chez Gallimard et confirme son talent pour sublimer la poésie du quotidien et les laissés-pour-compte.

Le jury de cette 17ᵉ édition, réunissant notamment Nathalie Azoulai, Anne Consigny, Joffrine Donnadieu, Sophie Delassein, Carole Chrétiennot ou encore Pierre-Olivier Sur, a salué l’originalité de sa voix et la liberté de sa plume. Florent Oiseau succède ainsi à Célestin de Meeûs (récompensé en 2025 pour Mythologie du .12) et s’ajoute à une prestigieuse lignée de lauréats comprenant Abigail Assor, Julia Kerninon ou Adélaïde de Clermont-Tonnerre.

Jury 2026 du Prix Françoise Sagan @Marie-Clemence David
Frederic Beigbeder, Fabrice Gaignault et Florent Oiseau @SayWho
Nathalie Azoulai, Chloé Elbaz, Aline Zalko @SayWho

Le Grand Hôtel Cayré, nouvel écrin littéraire à Saint-Germain-des-Près

Pour accueillir cette 17ᵉ édition, le prix a investi un lieu empreint d’histoire : le Grand Hôtel Cayré. Situé boulevard Raspail dans le quartier Saint-Thomas-d’Aquin, cet établissement emblématique de la Rive gauche fondé en 1920 a abrité de grands noms de la littérature comme Guillaume Apollinaire, André Gide ou Jean Cocteau.

Prix Françoise Sagan au Grand Hôtel Cayré

Récemment rénové par l’architecte Michaelis Boyd sous le label Miiro, l’hôtel entend renouer avec son glorieux passé intellectuel à travers des événements culturels et des partenariats artistiques d’envergure.

Grand Hôtel Cayré, 4 Bd Raspail, 75007 Paris. Tél : 01 45 44 38 88. www.miirohotels.com

www.françoisesagan.fr

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