Et si l’un des monuments les plus emblématiques de Paris se racontait autrement ? Du 9 septembre au 4 octobre 2026, l’Arc de Triomphe accueille La Tempête, une exposition événement imaginée par l’artiste et créateur Jérémy Pradier-Jeauneau, à l’invitation du Centre des Monuments Nationaux qui lui a donné carte blanche. Plus d’une trentaine de pièces d’art contemporain, réalisées avec des Manufactures et des artisans parmi les plus reconnus de leur discipline comme les Ateliers Philippe Coudray, Maison Pierre Frey, Lit National, Sagarminaga Atelier ou Pinton, dialoguent avec des collaborations inédites, comme celles nouées avec Monoprix, Schott, Fermob qui conclut la visite sur la terrasse ou encore BDK Parfums. Elles investissent le monument et proposent un parcours singulier, où sculpture, peinture, design, artisanat, mode musique et parfum se rencontrent.
Ici, l’histoire officielle du monument, celle des batailles, des héros et de la mémoire nationale, se trouve volontairement bousculée par une autre mémoire, beaucoup plus intime : celle de l’artiste, de ses souvenirs d’enfance et de son imaginaire.
Jérémy Pradier-Jeauneau, artiste pluridisciplinaire

Jérémy Pradier-Jeauneau aime les croisements. Après un parcours dans le cinéma, il a créé sa galerie avant de défendre le mobilier vintage et contemporain à travers expositions, éditions et collaborations. En 2025, il fonde son propre studio, qui réunit art, design, décoration, scénographie, curation et direction artistique.
Pour La Tempête, il poursuit une réflexion qu’il définit comme un « art contextatif » : dans chaque espace, un élément inattendu, un « agent du chaos », vient modifier notre perception du lieu. Une manière de faire entrer le souvenir et l’intime dans des espaces chargés d’une histoire collective.
Le principe est particulièrement fort à l’Arc de Triomphe. Le monument raconte la grande Histoire ; l’artiste y introduit la mémoire personnelle. Et soudain, les œuvres semblent ouvrir de nouvelles portes dans un lieu que nous pensions pourtant connaître, où il a imaginé un parcours en sept temps.
Dès le premier niveau, Le Chant de Palamède rapproche ainsi la figure mythologique du héros grec injustement condamné et effacé de celle du Soldat inconnu. Plus haut, Le Couronnement transforme l’espace en une architecture presque théâtrale, tandis que le motif de la palme, omniprésent dans le décor sculpté de l’Arc, devient chez l’artiste une forme organique, libre et monumentale.

Avec Mémoire haute / Mémoire basse, les références officielles du monument dialoguent encore avec des souvenirs plus personnels. Et dans La Suite Verte (Pris par surprise), l’atmosphère change radicalement : une suite d’hôtel semble conserver les traces d’un drame mystérieux, dans un décor inspiré notamment par Edvard Munch et par la mémoire de Victor Hugo, dont les funérailles nationales furent célébrées à l’Arc de Triomphe en 1885.

Même les espaces plus secrets participent à cette expérience. Dans Le Bruit de la Neige, peintures, sculptures en plâtre et éléments architecturaux composent un univers presque suspendu, où apparaît notamment une rose en paille évoquant Sainte Rita.
Fermob investit la terrasse de l’Arc de Triomphe
Pour accompagner ce parcours exceptionnel, Jérémy Pradier-Jeauneau a souhaité faire du sommet de l’Arc de Triomphe un véritable espace de vie. Le célèbre éditeur de mobilier outdoor Fermob aménage ainsi la terrasse avec plusieurs de ses collections emblématiques : Luxembourg, Laurette, 1900 et Yunos.

Un choix particulièrement cohérent pour un lieu appelé à accueillir près de 150 000 visiteurs d’ici le 4 octobre : après avoir parcouru l’exposition, pourquoi ne pas s’asseoir, prendre le temps de regarder Paris et profiter autrement de ce point de vue exceptionnel.
Mais la collaboration entre l’artiste et Fermob va plus loin. Une chaise exclusive, spécialement imaginée par Jérémy Pradier-Jeauneau et développée par le Fermob Custom Lab, prend place dans le projet. Réalisée en acier, généreuse et presque majestueuse, elle évoque un trône. Son dossier reprend l’idée de la palme sculptée sur l’Arc de Triomphe, symbole de victoire associé à l’imaginaire militaire, que l’artiste transforme en une forme libre, végétale et poétique. Les volutes lui donnent même une allure Art nouveau.

Cette pièce unique de la collaboration n’est pas destinée à être commercialisée. Elle témoigne surtout de ce que permet le dialogue entre un créateur et un fabricant français : partir d’un vocabulaire industriel et le faire entrer dans un territoire artistique totalement nouveau.
BDK Parfums, l’exposition devient olfactive
L’autre grande collaboration de La Tempête se joue dans un registre invisible : celui du parfum. Pour la première fois, BDK Parfums imagine une création olfactive directement intégrée à la scénographie d’une exposition. David Benedek, fondateur de la maison parisienne, partage avec Jérémy Pradier-Jeauneau une même sensibilité autour de l’intime, de la transmission et de la mémoire.
Avec le maître parfumeur Dominique Ropion ( IFF) , il imagine plusieurs compositions qui accompagnent le parcours comme une véritable architecture invisible : La Tempête, Le Jardin 1, Le Jardin 2 et Rose dans la Neige.
La rose de Sainte Rita devient notamment un fil conducteur. La légende raconte qu’une rose aurait fleuri en plein hiver peu avant la mort de la sainte : une image poétique qui trouve naturellement sa place dans l’univers de l’exposition.

Vétiver, poivre rose, baies de genièvre, terre humide, rhubarbe, iris, patchouli, fleur d’oranger ou encore muscs blancs composent ainsi différents paysages olfactifs. Dans la dernière création, la rose turque apparaît notamment dans des proportions inhabituelles, donnant à l’ensemble une présence particulièrement singulière.
Dès sa première visite de l’Arc de Triomphe, Jérémy Pradier-Jeauneau imaginait un véritable « sensorium », capable de solliciter le regard mais aussi l’ouïe et l’odorat. Le parfum devient alors bien davantage qu’un accompagnement : il prolonge les œuvres et intensifie la sensation de traverser un lieu en pleine transformation.
Une tempête artistique au cœur de Paris
Avec La Tempête, Jérémy Pradier-Jeauneau ne cherche donc pas à simplement installer des œuvres dans un monument historique. Il en perturbe les repères, en déplace les symboles et fait dialoguer la grande Histoire avec les souvenirs, les émotions et l’imaginaire.
Autour de lui, artisans d’art, maisons de design, artistes et créateurs de parfum participent à cette métamorphose. Fermob fait vivre la terrasse, BDK Parfums donne une dimension invisible au parcours et les nombreux savoir-faire mobilisés donnent aux œuvres leur matière et leur profondeur.
Une exposition à découvrir en prenant son temps, en montant les différents niveaux de l’Arc de Triomphe, jusqu’à cette terrasse où Paris s’offre en contrebas. La Tempête porte bien son nom : elle ne dévaste pas le monument, elle en déplace doucement le regard.
Infos : Exposition : La Tempête de Jérémy Pradier-Jeauneau
Arc de Triomphe, Place de l’Étoile, Paris 8è. Exposition du 9 septembre au 4 octobre 2026.
