À partir du 20 mars 2026, la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé lève le voile sur les secrets de fabrication d’un “architecte de l’invisible“. Une exposition immersive qui retrace 50 ans de défis techniques et de rêves monumentaux. “Faire un film, c’est du boulot. Si on n’a pas envie de travailler, il ne faut pas faire de films“, la sentence de Jean-Jacques Annaud est sans appel, à l’image de sa carrière.

Celui que ses collaborateurs surnomment affectueusement “JJ” (prononcez Jay-Jay) s’installe à la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé pour une exposition événement intitulée “Le chantier invisible”, visible jusqu’au 31 octobre 2026. Un magnifique hommage à une carrière jalonnée de succès mondiaux.
L’art de ne rien laisser au hasard


Oscarisé dès son premier long-métrage en 1977 (La Victoire en chantant), Jean-Jacques Annaud n’est pas seulement un réalisateur ; c’est un chercheur obstiné. L’exposition met en lumière une méthode de travail singulière, héritée de ses années dans la publicité. Pour Annaud, le monde est un terrain de jeu sans frontières (plus de 40 pays sillonnés), mais chaque détail estanticipé avec une précision chirurgicale. On découvre avec fascination les coulisses de ses plus grands défis. Celui du langage : Comment communiquer dans La Guerre du feu ? En inventant un langage non-verbal avec l’aide de linguistes. Celui du vivant : Comment obtenir le jeu parfait d’un animal ? En élevant douze oursons pour n’en garder qu’un à l’écran, ou en faisant appel à des éleveurs de papillons.

Des archives de “bibliothécaire bénédictin”
Pour la première fois, le public pourra découvrir l’ampleur de la documentation accumulée par le cinéaste. Tel un moine copiste, Annaud a tout conservé. Le parcours de l’exposition, enrichi par les collections de la Cinémathèque française, propose une immersion totale : Parmi les pièces maîtresses, on retiendra :
Le mysticisme du Nom de la rose : Un manuscrit enluminé du XIVe siècle, réplique parfaite des originaux, côtoie la maquette monumentale de l’abbaye conçue par le légendaire Dante Ferretti.
Le réalisme de l’Histoire : Un tank de Stalingrad à l’échelle 1/10ème et les décors saisissants de Notre-Dame brûle, dont les célèbres chimères et le porte-reliquaire, témoins d’une exigence historique absolue.

L’émotion du costume : La robe iconique de Jane March dans L’Amant, accompagnée des dessins originaux de la costumière Yvonne de Sassinot de Nesle.
Au-delà de l’image : un programme vivant
L’exposition dépasse le cadre de la simple vitrine. Le parcours propose une lecture didactique de la création d’un film : des premiers story-boards annotés de la main du réalisateur, jusqu’aux étapes complexes de la post-production. On y comprend comment un plan est “chorégraphié” bien avant que la caméra ne commence à tourner.

Pour prolonger l’expérience, la Fondation propose une programmation riche. Outre les projections de ses classiques (L’Ours, Les Deux Frères), un moment fort marquera le printemps : le 10 avril 2026, Jean-Jacques Annaud donnera une masterclasse exceptionnelle. En mai, il aura “carte blanche” pour présenter ses inspirations, puisées chez les maîtres du cinéma muet comme Chaplin ou Eisenstein. En dévoilant ses story-boards annotés et ses secrets de casting, “Le chantier invisible“ rend hommage à un homme pour qui le cinéma est, avant tout, une aventure collective et un chantier de rêves à ciel ouvert.
Infos : Exposition ” Le Chantier invisible, dans les coulisses des films de Jean-Jacques Annaud“. Du 20 mars au samedi 31 octobre 2026 à la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé, 73 avenue des Gobelins, 75013 Paris. Horaires : mercredi et jeudi 14h / 19h ; mardi et vendredi 14h / 20h30; samedi 11h30 / 19h. Tarifs : Visite de l’expositions, sans film : 3 à 5 €. Billet couplé 1 séance de cinéma/ 7 €. Carte 5 places (valable 3 mois) : 20 €. www.fondation-jeromeseydoux-pathe.com


