Ce 22 mai dernier, jour anniversaire de la naissance de Charles Aznavour, le monde littéraire s’est réuni à l’Hôtel Particulier Montmartre pour célébrer la 4è édition du Prix Aznavour des Mots d’Amour. C’est Fabrice Capizzano qui a été couronné cette année pour son roman puissant et poétique, Une salamandre à l’oreille, publié aux éditions au diable vauvert.

Fondé en 2023 par Mischa Aznavour, ce prix littéraire, distinguant une œuvre d’expression française publiée par une maison d’édition indépendante, s’est vite imposé comme un rendez-vous incontournable pour mettre en lumière les nuances du discours amoureux au XXIe siècle, qu’il soit filial, passionnel, charnel ou teinté de mélancolie… chaque année, à la date anniversaire de la naissance de l’artiste. Comme le souligne le fils du grand chanteur : « À travers ce prix, c’est l’âme d’Aznavour que je souhaite transmettre ; il était un grand lecteur, admiratif des auteurs et amoureux des mots. »
Un hommage à la complexité des sentiments
Le jury 2026, présidé par Mischa Aznavour et entouré de personnalités telles qu’Aurélie Razimbaud (lauréate 2025 et Présidente d’honneur), Pascal Elbé, acteur et scénariste, Pascal Nègre, imprésario, ou encore Frédéric Hermel, critique littéraire, a dû trancher parmi une sélection finale de quatre ouvrages de grande qualité – Adieu Kolyma d’Antoine Sénanque (Grasset), Aimer de Sarah Chiche(Julliard), Les promesses orphelines de Gilles Marchand(Aux Forges de Vulcain) et Une salamandre à l’oreille de Fabrice Capizzano (Au diable vauvert). Après délibération, c’est l’ouvrage de Fabrice Capizzano qui a su conquérir les membres du jury par sa modernité et sa sensibilité.

Dans Une salamandre à l’oreille, l’auteur nous plonge dans l’histoire de Samuel Page, un apiculteur du Vercors, veuf et père dépassé, hanté par la culpabilité. Entre le deuil impossible et une reconstruction lente au rythme de la nature et de ses abeilles, le récit explore un amour qui survit à la mort. Une œuvre qui résonne parfaitement avec l’esprit du prix, valorisant les textes capables de dire les élans, les blessures et les contradictions du sentiment amoureux.
Une plume « bruyamment vivante »
La critique ne tarit pas d’éloges sur ce troisième roman de Fabrice Capizzano. Marie Desmeures, éditrice et membre du jury, décrit le livre comme une partition de l’existence où « ça crie, ça pleure, ça s’engueule, ça rigole ». Jacques Terzian, qualifie l’œuvre de « thriller symphonique et écolo », saluant la capacité de l’auteur à capturer les émotions à fleur de peau. Quant à Frédéric Hermel, il salue une « pépite littéraire d’une grande poésie » qui s’inscrit durablement dans le cœur du lecteur.

Habitant du Vercors, ancien apiculteur et militant engagé, Fabrice Capizzano confirme avec ce prix son talent pour une écriture « musicale, organique et électrique ». Il succède ainsi à un palmarès prestigieux composé de Perrine Tripier ( « Les guerres précieuses » Gallimard en 2023), Léonor de Récondo ( « Le Grand Feu » Grasset en 2024) et Aurélie Razimbaud ( « Je danserai pour toi » Denoël en 2025).
Une année sous le signe du renouveau
Pour Mischa Aznavour, cette quatrième édition marque « le renouveau de la fiction » et une modernité « résolument aznavourienne ». Fort de ce succès, le Prix Aznavour des Mots d’Amour poursuit son engagement en faveur de la littérature indépendante.

Le lauréat, qui reçoit une dotation de 5 000 €, ne s’arrête pas là : son œuvre sera mise à l’honneur tout au long de l’été, notamment lors du Salon du Livre Saint-Germain-des-Prés à Paris (6 et 7 juin ) puis à La Forêt des Livres à Chanceaux-près-Loches, chez Gonzague Saint-Bris (30 août). Une belle occasion pour le public de partir à la rencontre de cette « salamandre » littéraire qui, comme l’a noté Frédéric Hermel, « grimpe au cœur et au cerveau » pour ne plus nous quitter. Une pépite à découvrir sans attendre.
